Être source ; l’appel de notre cœur

Revenir à la Source, c’est revenir à “cela” que nous sommes véritablement au plus profond de notre Être et de notre cœur. C’est un appel qui nous accompagne, et qui peut-être nous taraude depuis longtemps. Enfants, déjà nous l’avions. Déjà, cela nous manquait.

“Être source” est le projet, est le souhait, l’engagement de répondre concrètement à cette soif, afin de se donner la réponse et le “Paradis” auquel elle nous convie.

La nature divine qui nous anime ne nous a jamais quittés. Nous-mêmes, malgré nos névroses, nos pensées et nos actions insensées n’avons pu nous en séparer. C’est en faisant fi de toutes nos théories mensongères, de nos conceptions et jugements duels qu’un rapprochement se produira. C’est en laissant le discours du mental, lui préférant nous donner l’ouverture de notre cœur délaissé, que nous y puiserons l’eau vive capable d’étancher notre soif d’absolu.

“Être source” n’est pas la réponse à une croyance, ni l’entrée dans un chemin spirituel ou le mythe d’un épanouissement intérieur.
En premier lieu, c’est l’accueil et la réhabilitation de celui ou de celle-là que nous sommes originellement. Nous n’incarnons pas la somme des caractéristiques qui nous sont associées. Nous ne sommes pas le portrait résultant d’une définition. Derrière les jugements et l’image qui nous sont apposés, nous demeurons la manifestation et le visage particulier de la vie.

“Être source” signifie reconnaître et assumer notre identité, notre visage premier. Ce qui veut dire ne plus s’inscrire dans une logique de conséquence. Cela inclut de ne plus prendre en charge et subir notre propre histoire qui n’est qu’un souvenir. Par-delà les événements, les expressions relatives et passagères, c’est recevoir l’ouverture initiale qui demeure. C’est vivre l’éclat incessant et renouvelé de notre Être absolu. C’est en être le vecteur.

Denis Marie

La Source, flamme de vie

Nous devenons “source” à partir de l’instant où nous sommes “avec”, en lien, ou nous choisissons de la rejoindre. Devenir source n’est pas un but que nous nous fixons. C’est plutôt comme un appel, comme une envie qui progressivement monte en nous.
Par-delà les désirs et les buts mondains, autre chose de plus profond nous interpelle. Nous comprenons que tout ce qui nous attirait dans notre existence n’était que l’écho d’une soif d’un autre ordre.
Ce que nous recherchons n’est pas en dehors de nous. Cela ne s’obtient pas spécialement à l’issue d’un long processus ou d’une transformation drastique. Cela ne vient pas “après”, comme le résultat d’une opération. Mais à l’inverse, s’avère être la base première, le postulat ignoré sur lequel notre existence entière se fonde ; la Source originelle de vie.

Prendre appui

Rien n’est caché. Rien n’est ailleurs, dans un probable futur. La vérité à laquelle nous aspirons ne résulte pas d’un quelconque “mérite”. Elle ne dépend pas d’un devenir, d’une accession à un niveau de conscience ou de sagesse. Elle est “ici”, disponible dans ce présent. Elle est le fondement, le terrain élémentaire à la portée d’un enfant.
Magnifique, unique et parfaite, “elle est là”. Elle s’offre à nous. Sans condition, elle nous “attend”.
Ce qui nous aveugle c’est notre confusion, notre illusion personnelle. Sous son emprise, nous préférons croire en “autre chose”, en “notre vérité” inventée, intellectualisée, habile pour se substituer à celle existante.
Heureusement, rien de ce que nous pensons, de ce que nous disons n’est “réel”. Aucune de nos croyances n’a le pouvoir de compromettre l’éclat authentique du monde et de cette vie.
Ce n’est qu’au sein de nos projections que nous les réécrivons, les déformons, les teignons au gré de nos concepts. Ce n’est que dans nos pensées et notre imaginaire que cela nous “apparaît”, que nous le validons et le considérons de la sorte.

Avancer avec le cœur

Contempler, c’est reconnaître l’Êtreté qui s’affirme en nous et en tout. Il n’y a pas à “être” mais à accueillir “cela” qui vient “avant nous” et à partir duquel nous pouvons agir. 
Lorsque nous nous intéressons à l’Êtreté, elle est déjà faite, déjà présente.
À travers le fait d’être, nous détenons la légèreté de “flotter” sur la vie, un peu comme une planche de bois flotte d’emblée sur l’eau. Pour nous, c’est depuis cette faculté inhérente que toute la vie se déroule. Quand bien même notre déploiement serait mauvais, cela ne peut compromettre notre Êtreté. 
C’est par le cœur que nous découvrons le cœur. Ce n’est pas avec la tête et une approche intellectuelle. L’illusion, dont nous cherchons de nous libérer, utilise le mental et sa capacité de tout ramener à une “compréhension”. 
Beaucoup pensent avoir une “réalisation”, alors qu’il ne s’agit que d’une compréhension. Si les scientifiques utilisent leur intellect pour découvrir les secrets de la vie, c’est par le cœur qu’un mystique investit le vivant et le devient.